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Il était Une Fois, Emeco

Pour ceux qui me connaissent bien, je suis une grande sentimentale. Je suis souvent (un peu trop) influencée par mes émotions ce qui peut être parfois un couteau à double tranchant. Je ne sais pas si c’est par naïveté ou par amour pour celles-ci, mais lorsqu’une histoire me touche, j’y deviens fidèle. J’en parle à mes proches et elle restera gravée à ma mémoire. Alors aujourd’hui, je vous fais part d’une histoire qui se rapproche énormément de mes valeurs. Une entreprise qui avait une vocation bien précise, mais qui s’est littéralement « recyclée » afin de devenir une sommité dans le monde du design. Une entreprise qui met de l’avant l’environnement et la durabilité de ses produits. Vous comprendrez assez rapidement pourquoi je suis tombée en amour avec Emeco.

Usine Emeco, Hanover,Pennsylvania

Source: 99 Percent Invisible, website.

1944, Hanover, Pennsylvania

Tout débuta avec la Electrical Machine and Equipment Company qu’on connaît aujourd’hui sous le nom d’Emeco. En 1944, Emeco n’était qu’une simple usine qui travaillait l’acier. À l’aube de la Deuxième Guerre mondiale, le gouvernement américain demanda à Emeco l’impossible. En effet, il mandata l’entreprise à fabriquer une chaise des plus résistantes pour soutenir le rythme de vie extrême connu dans leurs sous-marins. La chaise se devait alors d’être légère, antirouille et assez solide pour résister aux marins. L’aluminium était donc le matériau de prédilection pour construire cette chaise.

Voulant pousser les limites du possible, Emeco décida de fabriquer sa chaise à partir d’aluminium recyclé à 80 % et d’un procédé de fabrication à la main de 77 étapes ! Wow, réalisez-vous à quel point Emeco croyait en son produit ? Malheureusement, la chaise Navy fut victime de son propre succès. Le gouvernement changait ses équipements nautiques, mais gardait ses chaises Navy. Il faut le faire quand même, la chaise était tellement solide qu’elle avait une durée de vie estimée à plus de 150 ans !

 

1978, Jay Buchbinder

En situation difficile dû à la fin de la guerre et à la solidité de sa chaise, Emeco s’est retrouvé en très mauvaise posture. Effectivement, son seul et unique client n’avait plus besoin de ses produits ! C’est alors qu’en 1978, Jay Buchbinder prit possession de l’entreprise. Passionné par le design, M.Buchbinder était également impressionné par le procédé de fabrication et la qualité du produit final. Jay acheta Emeco même si l’entreprise filait directement vers la faillite.

Gregg Buchbinder, CEO d'Emeco

Gregg Buchbinder. Source: Balado Clever

1998, Gregg Buchbinder

Durant son adolescence, Gregg n’avait qu’une chose en tête. L’entrepreneuriat et la business? Et bien non, sa passion de l’époque était de surfer ! Gregg aimait surfer au point où il choisît son université en fonction de sa proximité de la mer. Après ses études en administration, Gregg commença à travailler pour son père.

Au courant des années 90, Emeco perdait encore énormément d’argent. Tellement, que M. Buchbinder décida un jour d’envoyer son fils, Gregg, à Hanover afin de fermer l’entreprise pour de bon. Dès son arrivée, Gregg réalisa qu’Emeco était bien plus qu’une entreprise qui fabriquait qu’une seule chaise. Pour lui, Emeco avait trop de potentiel pour la laisser tomber et il décida de racheter l’entreprise à son père.

Tentant de raviver la flamme pour son merveilleux produit, Gregg s’envola pour New York avec la Navy. Il se promena de boutique en boutique afin de faire découvrir son produit.

 

Philippe Starck

Sa tournée de boutique ne fût peut-être pas fructueuse sur le coup, mais le mot se passa. La Navy chair n’était plus seulement remarquée pour sa fonctionnalité et sa durabilité, mais bien aussi pour son design. Effectivement, de grands noms comme Giorgio Armani ou encore l’architecte Ettore Scottsass utilisaient maintenant la chaise Navy dans leurs projets. Le grand Philippe Starck réalisa même le décor du Paramount hôtel à New York avec la Navy.

Après une conférence de Starck à l’ICFF (International Contempory Furniture Fair) en 1999, Gregg alla alors à sa rencontre pour le remercier. Ce fut la première rencontre entre Philippe Starck et Gregg Buchbinder, une rencontre qui fit renaître Emeco.

Starck avoua vouloir collaborer avec Emeco depuis un bon moment. Il avait déjà plusieurs idées, étant bien inspiré par les merveilleuses valeurs qu’Emeco véhiculait. C’est alors que Starck dessina la chaise Hudson, créée pour l’hôtel Hudson de New York. Ce fut le « premier nouveau design » de l’entreprise depuis plus de 50 ans. En plus, la Hudson amena la venue du fini poli. La Hudson est devenue assez rapidement un statement dans la collection d’Emeco.

Buchbinder et Starck, analysant la Broom

Buchbinder & Starck. Chaise Broom. Source: Emeco

2006, Coca-Cola

Après avoir pris son envol dans le monde du design, Emeco devint une référence pour les produits faits de matières recyclées et tomba dans la mire de Coca-Cola. Coca-Cola était conscient du problème environnemental causé par ses bouteilles. Le projet était d’envergure : créer une chaise à partir de bouteilles en plastique recyclées. Après quatre ans de travail acharné, la chaise 111 Navy était prête. Ayant la même forme iconique que la classique Navy, la 111 est fabriquée à partir de 111 bouteilles de plastique recyclées. Cette collaboration avec Coca-Cola repoussa les limites du possible. Seulement durant les 5 premières années de sa production, plus de 15 millions de bouteilles ont été sauvées des décharges à déchets. Gregg affirma : « nous avons transformé quelque chose que beaucoup de gens jettent en quelque chose que vous voulez et que vous allez garder très longtemps. »

Cependant, ce n’est pas seulement la Navy qui rejoint les valeurs environnementales de l’entreprise. Effectivement, plusieurs de leurs produits, comme la chaise Alfi, la Broom ou encore la 1 Inch Reclaimed sont fabriqués à partir de matériaux recyclés à 100 %. N’est-ce pas extraordinaire de créer des produits qui sont à la fois beaux et durables à partir de matériaux qui devaient ultimement se retrouver à la poubelle ?

Repousser les limites du possible tout en restant fidèle à ses valeurs, avec résilience et passion. C’est ce qui résume pour moi l’histoire d’Emeco. Un excellent balado est d’ailleurs disponible par Clever. Je vous invite fortement à écouter les histoires inspirantes de ce surfer qui s’est mis à sauver les océans, une chaise à la fois.

 

Alexandra Dubé - Marketing Numérique chez Skedio

– Alexandra

Étudiante en gestion, j’ai toujours eu une passion pour le design et la mode. Je crois fermement que l’endroit que nous appelons « notre maison », tout comme nos vêtements, reflète en fait notre personnalité. 

 

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